À travers des mots chargés d’émotion, celui qui se définit désormais comme un « Africain de Ouidah » raconte une journée qu’il qualifie lui-même de « particulière ». « Je n’ai pu contenir mes émotions. Ce furent des instants d’une rare intensité », a-t-il écrit après des cérémonies traditionnelles organisées à Ouidah, haut lieu de mémoire de la traite négrière.
Pour Claudy Siar, la célèbre Porte du non-retour a pris un sens totalement nouveau. « Ce matin, LA PORTE DU NON RETOUR était pour moi, LA PORTE DU RETOUR », a-t-il confié. Une formule forte par laquelle il exprime son sentiment de reconnexion avec ses origines africaines.
« Je ne suis plus un afro-descendant mais un Africain de Ouidah »
Dans son témoignage, l’ancien homme de radio révèle également avoir été intégré à la lignée des Zossoungbo, présentée comme l’une des familles fondatrices de Ouidah. « Je ne suis plus un afro-descendant mais un africain de Ouidah, de la lignée, la famille des Zossoungbo », écrit-il.
Né un lundi, il affirme avoir reçu le prénom béninois « Kodjovi », conformément à la tradition culturelle akan et ewe liée aux jours de naissance. « Étant né un lundi, je me prénomme Kodjovi », précise-t-il, tout en rappelant son attachement à ses racines caribéennes : « Je suis aussi et évidemment, un afro-Caraïbéen de la Guadeloupe ».
Une démarche spirituelle et symbolique
Au-delà de l’obtention de la nationalité béninoise, Claudy Siar décrit surtout une profonde démarche spirituelle. Avant la remise officielle de son passeport béninois prévue à Cotonou, il explique avoir participé à deux cérémonies, dont une consultation du Fâ.
« Le Fâ. Les ancêtres m’attendent. Tant de choses à leur dire et à déposer afin qu’ils m’en libèrent », écrivait-il plus tôt dans la journée. Il confie être arrivé au Bénin « le cœur lourd », marqué par « tant de souffrance, trop de déception, de haine et de trahison ».
Mais au fil de son séjour, dit-il, le pays agit comme une forme de guérison intérieure. « Jour après jour, le Bénin me répare… », a-t-il affirmé dans son second message.
Dans son premier post, il raconte également avoir « déposé [ses] douleurs et [ses] défaites » auprès des ancêtres. « Les ancêtres s’en sont emparés afin de me soulager. Ils m’ont rappelé ma mission, ma témérité », écrit-il encore.
Un hommage au Bénin et aux acteurs du retour des afro-descendants
L’ancien animateur a tenu à remercier plusieurs acteurs ayant facilité cette reconnexion avec le Bénin, notamment l’agence Retour Gagnant Bénin, spécialisée dans l’accompagnement des afro-descendants désireux d’obtenir la nationalité béninoise.
Il a également exprimé sa gratitude envers les autorités locales de Ouidah, les dignitaires coutumiers ainsi que Georges Emmanuel Germany. « Ils ont intercédé en ma faveur auprès des ancêtres », a-t-il souligné.
Le choix du 22 mai pour cette cérémonie revêt aussi une portée historique particulière. Cette date correspond à la commémoration de l’abolition de l’esclavage en Martinique. « En ce 22 mai, jour de l’application de l’abolition de l’esclavage en Martinique, à 18h heure du Bénin, je recevrai officiellement ma nationalité béninoise et mon passeport », a annoncé celui qui entame désormais « une nouvelle étape » de sa vie.

