L’information a été officialisée à travers une note datée du 9 avril 2026, signée par le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération. Le document, adressé aux missions diplomatiques et postes consulaires, notifie l’inscription de trois nouvelles personnalités sur cette base de données sécuritaire.

Des profils politiques désormais qualifiés de “fugitifs”

Selon les autorités nigériennes, les personnes concernées se trouveraient toutes hors du territoire national et sont considérées comme étant « en fuite à l’étranger ».

Parmi elles figure Ouhoumoudou Mahamadou, ancien premier ministre et ex-chef du gouvernement. Figure politique de premier plan, il a occupé plusieurs fonctions ministérielles sous la présidence de Mahamadou Issoufou et a également dirigé le cabinet présidentiel. Il est aujourd’hui poursuivi pour des faits qualifiés de « trahison » et de « complot contre la sûreté de l’État ».

Deux autres noms complètent cette nouvelle vague d’inscriptions. Il s’agit de Mme Takoubakoye Aminata Boureima et de Djibo Yaya, tous deux anciens collaborateurs de la présidence Bazoum. Les autorités leur reprochent notamment leur engagement critique contre le pouvoir de transition depuis l’étranger, notamment à travers une activité soutenue sur les réseaux sociaux.

Des accusations liées aux communications numériques et à la sécurité de l’État

Les chefs d’accusation retenus contre ces deux anciens responsables couvrent plusieurs infractions présumées. Mme Takoubakoye Aminata Boureima est poursuivie pour « production et diffusion de données de nature à troubler l’ordre public », ainsi que pour « diffamation et injures par voie de communication électronique ».

Djibo Yaya fait face à des accusations plus étendues, incluant la « diffusion de données susceptibles de troubler l’ordre public », la « diffamation », les « injures électroniques » ainsi que l’« apologie du terrorisme ».

Dans ce contexte, les autorités rappellent que ces procédures s’inscrivent dans le cadre des dispositifs juridiques encadrant la lutte contre les atteintes à la sécurité de l’État.

Des sanctions administratives et financières immédiates

L’inscription sur le FPGE entraîne automatiquement un ensemble de mesures restrictives appliquées à l’encontre des personnes concernées. Les services diplomatiques ont été instruits de veiller à leur application stricte.

Ces mesures comprennent notamment le gel des avoirs bancaires, l’interdiction d’accès aux comptes financiers, ainsi que la restriction de toute transaction commerciale. Les personnes inscrites sont également frappées d’une interdiction de circulation sur le territoire national et d’une interdiction de sortie ou d’entrée dans le pays.

Par ailleurs, les entreprises et institutions financières sont tenues de signaler toute interaction avec les individus concernés au comité national chargé du FPGE. Les autorités précisent en outre que les personnes inscrites ne peuvent plus bénéficier de la protection consulaire ou de l’assistance diplomatique du Niger à l’étranger.

Une liste sécuritaire en expansion depuis sa création

Créé par ordonnance à la fin de l’année 2024 sous l’autorité du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), dirigé par le général Abdourahamane Tiani, le FPGE continue de s’élargir au fil des mois. Il vise principalement des personnalités issues de l’ancien régime ayant quitté le pays après les événements du 26 juillet 2026.

Lors de sa mise en place, une première série d’une dizaine de personnes avait déjà été inscrite, parmi lesquelles d’anciens ministres, des membres de cabinets présidentiels et des officiers des forces de défense et de sécurité.

Les Assises nationales de la Refondation tenues en février 2025 avaient suscité l’espoir d’un assouplissement du dispositif, notamment après des appels au dialogue et à l’apaisement. Cependant, les nouvelles inscriptions montrent que les autorités maintiennent cette approche sécuritaire, en particulier à l’égard des figures de l’ancien pouvoir opérant depuis l’extérieur du pays.