Midomiton Précieux Noël Dagan a officiellement saisi la Cour Constitutionnelle afin de faire constater ce qu’il qualifie « d’impossibilité matérielle » de réunir le bureau du Sénat en vue de la cérémonie d’investiture. C’est à travers une correspondance datée du 28 avril 2026. Une démarche qui soulève la question du rôle exact de cette institution dans un moment clé de la vie républicaine.

Face à cette requête, les sages de la Cour constitutionnelle se réuniront en audience plénière spéciale ce mardi 5 mai 2026 à 15 heures, sous la présidence du professeur Cossi Dorothé Sossa. Leur mission : examiner la recevabilité du recours et se prononcer sur le bien-fondé de l’argument avancé par le requérant.

Mais déjà, le débat juridique dépasse le seul cadre de la saisine. Invité de Bip Radio le dimanche 3 mai 2026, l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo, a apporté un éclairage qui tend à relativiser la portée de la démarche engagée.

Selon le constitutionnaliste, la clé de lecture réside dans une distinction fondamentale inscrite dans la loi fondamentale : celle entre les termes « par » et « devant ». La prestation de serment du président de la République, explique-t-il, est reçue par le président de la Cour constitutionnelle, qui en est l’unique autorité habilitée. Les autres institutions, y compris le Sénat, y assistent simplement devant, c’est-à-dire en qualité de témoins, sans incidence sur la validité juridique de l’acte.

Dans cette logique, l’absence éventuelle du Sénat ne saurait remettre en cause la légalité de la prestation de serment. « L’acte demeure valable dès lors qu’il est accompli devant l’autorité compétente », insiste Théodore Holo, balayant ainsi les inquiétudes d’un éventuel blocage institutionnel.

Pour illustrer son propos, l’ancien président de la haute juridiction recourt à une analogie parlante : un mariage célébré par un officier d’état civil reste pleinement valide, même en l’absence des familles des époux. De la même manière, la prestation de serment présidentielle conserve toute sa force juridique tant que l’autorité habilitée est présente.

Cette clarification intervient alors que le calendrier institutionnel suit son cours. Élu à l’issue du scrutin du 12 avril 2026, Romuald Wadagni doit être officiellement investi le 24 mai prochain. L’annonce a été faite par le président de la Cour constitutionnelle lors de la proclamation des résultats définitifs.