Identifié comme Guy Baret, l’homme interpellé par les autorités malgaches est incarcéré à la prison de haute sécurité de Tsiafahy. Selon la procureure adjointe Nomenarinera Mihamintsoa Ramanantsoa, il est poursuivi pour son implication supposée dans un complot visant à fragiliser les institutions du pays.
Les charges retenues incluent la diffusion de fausses informations de nature à troubler l’ordre public, ainsi que la participation à un projet de sabotage d’infrastructures stratégiques, notamment des installations électriques exploitées par la société publique Jirama. L’objectif présumé aurait été de provoquer des coupures de courant à l’échelle nationale.
Un réseau impliquant des complices locaux
L’enquête selon Reuters met également en cause plusieurs autres suspects, dont le colonel Patrick Rakotomamonjy. D’après le parquet, ce groupe aurait planifié une série d’actions pour le 18 avril, incluant des perturbations du trafic, des actes de sabotage et des tentatives d’incitation à la mutinerie au sein des forces de sécurité.
Les procureurs évoquent aussi l’existence d’un groupe WhatsApp, baptisé « tolom-piavotan'ny olom-banona » (« Révolution des citoyens courageux »), qui aurait servi à coordonner les opérations. Certains suspects sont également poursuivis pour hébergement de personnes recherchées et association de malfaiteurs.
Si Patrick Rakotomamonjy doit encore être présenté à un juge d’instruction, deux autres personnes ont été placées sous contrôle judiciaire, les autorités estimant qu’elles n’étaient pas à l’origine du projet.
Un diplomate français expulsé, Paris réagit
Dans le prolongement de l’enquête, les autorités malgaches ont décidé d’expulser un agent de l’ambassade de France à Antananarivo, invoquant des « actes incompatibles avec le statut diplomatique ». L’identité du diplomate et la nature précise des faits reprochés n’ont pas été rendues publiques.
La réaction de Paris ne s’est pas fait attendre. Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a convoqué à Paris le chargé d’affaires malgache pour exprimer sa protestation. Dans un communiqué, la France affirme « rejeter catégoriquement toute accusation de déstabilisation du régime », qualifiant ces allégations d’« infondées » et « incompréhensibles », au regard du « soutien constant et concret » qu’elle dit apporter à Madagascar.
Le président Michael Randrianirina dirige le pays depuis octobre 2025, après une période de contestation ayant fragilisé le pouvoir de son prédécesseur, Andry Rajoelina. Ancienne colonie française, Madagascar entretient des relations historiques étroites avec la France.
