Justice

Nigeria : 05 hommes condamnés à 25 ans de prison après l’attaque de l’église de Papiri, deux Nigériens parmi les accusés

Marcus KOUDJENOUME•

Selon The Guardian Nigeria, cinq hommes poursuivis pour leur implication présumée dans l’attaque contre l’église catholique Saint-Joseph de Papiri, dans l’État du Niger au Nigeria, ont été condamnés à 25 ans de prison chacun par un tribunal fédéral siégeant à Abuja. Parmi eux figurent deux ressortissants nigériens, reconnus coupables après avoir plaidé coupable des charges liées au soutien au terrorisme, au transport d’armes et à la possession illégale de munitions.

Nigeria : 05 hommes condamnés à 25 ans de prison après l’attaque de l’église de Papiri, deux Nigériens parmi les accusés
Nigeria : 05 hommes condamnés à 25 ans de prison après l’attaque de l’église de Papiri, deux Nigériens parmi les accusés

Le verdict est intervenu jeudi 11 juin 2026 devant le Tribunal fédéral de grande instance d’Abuja, dans une procédure qui aura été particulièrement rapide. Les cinq accusés avaient été arrêtés le 31 mai 2026 par les agents du Département des services de sécurité (DSS) dans le cadre de l’enquête sur l’attaque du 21 novembre 2025 contre l’établissement catholique de Papiri.

La juge Binta Nyako a prononcé la sentence après que les prévenus ont reconnu les faits qui leur étaient reprochés et plaidé coupable des quatre chefs d’accusation retenus par la justice nigériane.

Les condamnés sont Yusuf Muhammad, alias « Bature », âgé de 33 ans, Goni Ibrahim Bindi, alias « Goni Mutuwa », 23 ans, Sani Tukur, alias « Danladi », 25 ans, Mubarak Ibrahim, 28 ans, et Musa Alhaji Adamu, alias « Gado Banufe ».

Deux d’entre eux sont originaires de la région de Diffa, au Niger, tandis que les autres sont liés à la zone de Borgu, dans l’État du Niger au Nigeria.

Un arsenal destiné à un groupe terroriste présumé

Au centre de l’affaire figure une importante saisie d’armes effectuée par les services de sécurité nigérians. Lors d’une opération d’interception, les agents du DSS ont découvert 15 fusils AK-103 ainsi que 1 434 cartouches de calibre 7,62 mm.

Selon les éléments présentés devant le tribunal, les armes étaient dissimulées dans des sacs contenant du poisson séché et transportées à bord d’une Volkswagen Golf 3 bleue immatriculée au Niger sous le numéro BT 9990 DA.

Le véhicule et les armes saisies ont été présentés comme pièces à conviction au cours de la procédure. La justice a ordonné la confiscation du véhicule au profit de l’État nigérian.

L’accusation soutenait que l’arsenal provenait de la région de Diffa, au Niger, et devait être remis à Malam Ahmad, présenté par les enquêteurs comme un membre de Boko Haram opérant dans la zone de gouvernement local de Borgu, dans l’État du Niger au Nigeria.

Les accusations retenues contre les cinq hommes

Les poursuites reposaient notamment sur l’accusation d’avoir conspiré pour fournir un soutien matériel à un groupe terroriste en facilitant le transport de ces armes et munitions.

Le parquet leur reprochait également d’avoir apporté une assistance à un terroriste dans la préparation d’activités criminelles, en violation de la loi nigériane de 2022 sur la prévention et l’interdiction du terrorisme.

Trois des accusés Goni Ibrahim Bindi, Sani Tukur et Musa Alhaji Adamu étaient particulièrement visés par le chef d’accusation relatif à la possession d’armes et de munitions retrouvées lors de l’interception du véhicule sur l’axe Kano-Kaduna, dans la zone de Kwangila, à Zaria.

Yusuf Muhammad, alias « Bature », était également poursuivi pour n’avoir pas communiqué aux forces de sécurité des informations que les autorités considéraient comme utiles pour localiser et arrêter Malam Ahmad, présenté comme un terroriste recherché dans la forêt de Gandu, dans la zone de Borgu.

Le traumatisme de l’attaque de Papiri

Cette affaire trouve son origine dans l’attaque spectaculaire menée dans la nuit du 21 novembre 2025 contre l’internat catholique primaire et secondaire Saint-Joseph de Papiri.

Des hommes armés arrivés à moto avaient fait irruption dans l’établissement avant de rassembler élèves et enseignants sous la menace de leurs armes.

Dans la panique qui a suivi l’assaut, environ une cinquantaine d’enfants avaient réussi à prendre la fuite. Mais plus de 250 élèves avaient été capturés par les assaillants puis conduits de force à travers la réserve forestière du lac Kainji.

L’enlèvement massif avait suscité une vive émotion au Nigeria et attiré l’attention sur la menace persistante des groupes armés dans plusieurs régions du nord du pays.

Une réponse judiciaire rapide des autorités nigérianes

L’arrestation des cinq hommes et leur condamnation interviennent dans un contexte de lutte renforcée contre les réseaux soupçonnés d’apporter un soutien logistique aux groupes terroristes.

Avec ces peines de 25 ans de prison prononcées contre chacun des accusés, la justice nigériane affirme vouloir sanctionner non seulement les auteurs directs des attaques, mais aussi les acteurs impliqués dans les circuits d’approvisionnement en armes et de soutien aux groupes armés.

JusticePublié le 13 juin 2026 à 08h29, modifié le 09 octobre 2026 à 08h10

Nigeria : 05 hommes condamnés à 25 ans de prison après l’attaque de l’église de Papiri, deux Nigériens parmi les accusés

Selon The Guardian Nigeria, cinq hommes poursuivis pour leur implication présumée dans l’attaque contre l’église catholique Saint-Joseph de Papiri, dans l’État du Niger au Nigeria, ont été condamnés à 25 ans de prison chacun par un tribunal fédéral siégeant à Abuja. Parmi eux figurent deux ressortissants nigériens, reconnus coupables après avoir plaidé coupable des charges liées au soutien au terrorisme, au transport d’armes et à la possession illégale de munitions.

RédactionMarcus KOUDJENOUME
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Nigeria : 05 hommes condamnés à 25 ans de prison après l’attaque de l’église de Papiri, deux Nigériens parmi les accusés
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Le verdict est intervenu jeudi 11 juin 2026 devant le Tribunal fédéral de grande instance d’Abuja, dans une procédure qui aura été particulièrement rapide. Les cinq accusés avaient été arrêtés le 31 mai 2026 par les agents du Département des services de sécurité (DSS) dans le cadre de l’enquête sur l’attaque du 21 novembre 2025 contre l’établissement catholique de Papiri.

La juge Binta Nyako a prononcé la sentence après que les prévenus ont reconnu les faits qui leur étaient reprochés et plaidé coupable des quatre chefs d’accusation retenus par la justice nigériane.

Les condamnés sont Yusuf Muhammad, alias « Bature », âgé de 33 ans, Goni Ibrahim Bindi, alias « Goni Mutuwa », 23 ans, Sani Tukur, alias « Danladi », 25 ans, Mubarak Ibrahim, 28 ans, et Musa Alhaji Adamu, alias « Gado Banufe ».

Deux d’entre eux sont originaires de la région de Diffa, au Niger, tandis que les autres sont liés à la zone de Borgu, dans l’État du Niger au Nigeria.

Un arsenal destiné à un groupe terroriste présumé

Au centre de l’affaire figure une importante saisie d’armes effectuée par les services de sécurité nigérians. Lors d’une opération d’interception, les agents du DSS ont découvert 15 fusils AK-103 ainsi que 1 434 cartouches de calibre 7,62 mm.

Selon les éléments présentés devant le tribunal, les armes étaient dissimulées dans des sacs contenant du poisson séché et transportées à bord d’une Volkswagen Golf 3 bleue immatriculée au Niger sous le numéro BT 9990 DA.

Le véhicule et les armes saisies ont été présentés comme pièces à conviction au cours de la procédure. La justice a ordonné la confiscation du véhicule au profit de l’État nigérian.

L’accusation soutenait que l’arsenal provenait de la région de Diffa, au Niger, et devait être remis à Malam Ahmad, présenté par les enquêteurs comme un membre de Boko Haram opérant dans la zone de gouvernement local de Borgu, dans l’État du Niger au Nigeria.

Les accusations retenues contre les cinq hommes

Les poursuites reposaient notamment sur l’accusation d’avoir conspiré pour fournir un soutien matériel à un groupe terroriste en facilitant le transport de ces armes et munitions.

Le parquet leur reprochait également d’avoir apporté une assistance à un terroriste dans la préparation d’activités criminelles, en violation de la loi nigériane de 2022 sur la prévention et l’interdiction du terrorisme.

Trois des accusés Goni Ibrahim Bindi, Sani Tukur et Musa Alhaji Adamu étaient particulièrement visés par le chef d’accusation relatif à la possession d’armes et de munitions retrouvées lors de l’interception du véhicule sur l’axe Kano-Kaduna, dans la zone de Kwangila, à Zaria.

Yusuf Muhammad, alias « Bature », était également poursuivi pour n’avoir pas communiqué aux forces de sécurité des informations que les autorités considéraient comme utiles pour localiser et arrêter Malam Ahmad, présenté comme un terroriste recherché dans la forêt de Gandu, dans la zone de Borgu.

Le traumatisme de l’attaque de Papiri

Cette affaire trouve son origine dans l’attaque spectaculaire menée dans la nuit du 21 novembre 2025 contre l’internat catholique primaire et secondaire Saint-Joseph de Papiri.

Des hommes armés arrivés à moto avaient fait irruption dans l’établissement avant de rassembler élèves et enseignants sous la menace de leurs armes.

Dans la panique qui a suivi l’assaut, environ une cinquantaine d’enfants avaient réussi à prendre la fuite. Mais plus de 250 élèves avaient été capturés par les assaillants puis conduits de force à travers la réserve forestière du lac Kainji.

L’enlèvement massif avait suscité une vive émotion au Nigeria et attiré l’attention sur la menace persistante des groupes armés dans plusieurs régions du nord du pays.

Une réponse judiciaire rapide des autorités nigérianes

L’arrestation des cinq hommes et leur condamnation interviennent dans un contexte de lutte renforcée contre les réseaux soupçonnés d’apporter un soutien logistique aux groupes terroristes.

Avec ces peines de 25 ans de prison prononcées contre chacun des accusés, la justice nigériane affirme vouloir sanctionner non seulement les auteurs directs des attaques, mais aussi les acteurs impliqués dans les circuits d’approvisionnement en armes et de soutien aux groupes armés.

Journaliste

Marcus KOUDJENOUME

Journaliste passionné par l'actualité politique et judiciaire au Bénin. Reporteur pour Libre Express.

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