Une nouvelle audience s'est ouverte ce vendredi 5 juin 2026 devant la chambre criminelle de la CRIET. Ce dossier concerne le policier S.T.B., ancien comptable au Centre de santé de la police républicaine. L'accusé répond de faits de détournement de deniers publics devant les juges de la Cour.

Dès l'ouverture du procès, le représentant de l’Agent judiciaire de l’État (AJE) a pris la parole. La partie civile a demandé formellement à la Cour de condamner l’accusé à verser la somme de 43 438 214 FCFA à l’État béninois. Ce montant correspond, selon l'AJE, aux préjudices financiers subis par l'État dans la gestion de ce centre de santé.

Les détails du contrôle comptable présentés par le parquet

À la suite de la constitution de la partie civile, le premier substitut du procureur spécial près la CRIET a exposé les faits. Les irrégularités reprochées à l’accusé ont été découvertes au cours de l’année 2020. Cette découverte fait suite à une mission de contrôle menée sur la gestion comptable du Centre de santé de la police républicaine pour la période allant de 2017 à 2019.

Selon l'exposé du parquet spécial, la mission de contrôle a constaté que le policier, en sa qualité de comptable, ne remplissait pas les livres comptables durant la période de 2017-2019. Les premières vérifications de sa gestion comptable ont mis en évidence un manquant initial de plus de 615 millions FCFA.

Le parquet spécial a précisé qu'une interpellation de l'accusé a eu lieu après la découverte de ce premier écart. Les différents points de comptabilité effectués par la suite ont ramené le montant final non justifié à un peu plus de 43 millions FCFA. Le policier n'a pas apporté de justifications pour ce dernier manquant de 43 millions FCFA.

Les réquisitions du ministère public contre l'ex-comptable

Le ministère public a demandé à la chambre criminelle de déclarer l’accusé coupable des faits de détournement de deniers publics. Le procureur a requis contre l'agent de police une peine de dix ans de réclusion criminelle, dont quatre ans fermes et une amende d'un montant de deux millions FCFA.

Par ailleurs, le parquet spécial a demandé à la Cour de recevoir la constitution de partie civile de l’Agent judiciaire de l'État et de condamner l’accusé à lui verser 43 millions FCFA.

La plaidoirie de la défense et la date du verdict 


La défense de l'accusé a ensuite pris la parole pour répondre aux réquisitions du parquet. L’avocat de S.T.B., Maître Nestor Dako, a articulé sa plaidoirie autour de la situation financière de son client. Le conseil a souligné devant la cour que le policier ne possédait aucun compte bancaire.

Sur la base de cet argumentaire, Maître Nestor Dako a demandé à la chambre criminelle de prononcer l’acquittement de son client au bénéfice du doute.

La Cour a mis le dossier en délibéré après avoir entendu toutes les parties. Le verdict final de ce procès sera rendu le vendredi 17 juillet 202, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.