La CRIET a tranché le dossier d'un agent de la police républicaine. Le juge a reconnu le prévenu coupable des faits qui lui sont reprochés. Le verdict prononcé une peine de cinq ans de prison ferme. Le condamné doit également payer une amende de dix millions de FCFA. La loi accorde un délai de 15 jours au policier pour faire appel de cette décision s'il conteste le verdict, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.

L'identité professionnelle du condamné est connue. Il s'agit d'un officier de la police judiciaire. Cet agent exerçait ses fonctions à la Direction de la police judiciaire (DPJ). Les autorités compétentes ont placé ce policier en détention préventive depuis le mois de décembre 2025.

Les faits reprochés au policier 

Le parquet spécial près la CRIET a poursuivi l'officier pour trois chefs d'accusation précis. Le premier chef d'accusation est l'apologie de crime contre la sûreté de l'État. Le deuxième motif est l'incitation à la haine via internet. Le troisième chef d'inculpation concerne l'incitation à la rébellion.

L'origine de l'affaire se trouve dans l'usage de l'application de messagerie WhatsApp. L'agent de police a publié un commentaire dans un groupe d'échanges. Cette publication faisait suite à la tentative de putsch déjouée le 7 décembre 2025 au Bénin. Le prévenu a écrit la phrase suivante : « C'est le prototype des Béninois ça ». Ce message constituait une réponse à un autre texte publié au sein du même groupe virtuel.

Les explications de la défense à la barre

Lors de précédente audience, le policier s'est présenté devant les juges de la CRIET pour s'expliquer. L'accusé a rejeté l'interprétation de son message par l'accusation. Il a affirmé que son texte visait à avertir les membres de sa famille. Selon ses déclarations, il voulait expliquer qu'un coup d'État représente une mauvaise action.

Le prévenu a apporté des précisions sur le contexte de sa publication. Il a expliqué qu'il ciblait les personnes qui soutiennent les actions de force. Selon lui, les citoyens qui encouragent les militaires auteurs de la tentative de coup d'État seront les mêmes personnes qui expriment des regrets dans le futur.

La position du ministère public et de l'accusation

Les arguments de l'officier de police n'ont pas modifié la position du ministère public. La substitut du procureur spécial lors d'une audience début février 2026 a reproché au fonctionnaire son manque de réserve. La magistrate a rappelé le statut d'éclaireur de l'accusé. Selon le ministère public, ce statut imposait une abstention totale et une neutralité stricte sur les réseaux sociaux. La représentante du parquet a exprimé des regrets face aux actes d'un officier de la police judiciaire qui maîtrise les textes de loi.

Le ministère public avait qualifié les faits d'apologie de crimes contre la sûreté de l'État. Le parquet avait requis une peine de cinq ans de prison ferme et dix millions de FCFA d'amende. Le délibéré de cette affaire avait été initialement. Dans son verdict rendu ce mardi 5 mai 2026, la Cour a suivi entièrement les réquisitions du ministère public.