Placé en détention préventive depuis le mercredi 18 mars 2026, Arsène Kplédo du couple de tiktokeurs Molly et Billy a comparu ce jeudi 23 avril 2026. Le prévenu est poursuivi par le parquet spécial près la CRIET pour des charges de « harcèlement par le biais d'un système électronique et d’escroquerie via internet ».

Convoqué à la barre pour l’inculpation, le Tiktokeur Billy s'est présenté comme un entrepreneur créateur de contenus né en 2001. « Je n'ai jamais fait l’arnaque », a répondu le jeune homme de 25 ans quand le président de la Cour lui demande s'il avait fait de la cybercriminalité. Il plaide non coupable des infractions mises à sa charge. 

Après l’inculpation, l’avocat Me Hugo Koukpolou s'est constitué pour plaider son cas. Le juge veut immédiatement renvoyer son dossier mais son conseil plaide pour que son dossier soit examiné. Les débats sont alors ouverts. Les débats se tournent autour de deux volets.

Le premier volet concerne un post publié par le Tiktokeur le dimanche 7 décembre 2025 lors de la tentative du coup d'État déjoué au Bénin. « Quelles sont les informations que vous publiez sur vos pages sur les réseaux sociaux », lui demande le juge. Et à Arsène Kplédo de répondre : « Je ne parle que de mon couple sur mes réseaux ». « Qu'avez-vous publié sur votre page Facebook le jour de la tentative du coup d'État du 7 décembre », lui demande ensuite le président de céans. 

À cette question, le prévenu affirme qu'il a fait un post Facebook pour dire que la tentative de Coup d'État n’a pas duré deux heures. C'est alors que le juge lui rappelle ce qu'il a écrit exactement ce jour-là : « Coup d'État qui n'a pas duré deux heures là, c'est un coup monté pour nous distraire ». À la lecture de cette publication, le Tiktokeur reconnaît qu'elle a rapport à la politique.  « « Qu'est-ce que vous savez de ce coup et vous dites que ça n'a pas duré deux heures ? » veut savoir le juge. « Je n'en sais rien », répondit Billy. 

Après le juge, le ministère public représenté par le quatrième substitut du procureur spécial près la CRIET a cherché à savoir pourquoi il a fait ce post. « La publication avait pour but d'apaiser ma communauté et de décrédibiliser ceux qui sont venus faire le coup d'État », va justifier le prévenu. 

L'aspect cybercriminalité au cœur des débats 

Le second volet des débats a tourné autour de présumées données à caractère cybercriminel retrouvées dans le téléphone. Selon la lecture des dossiers faite par le juge, un numéro aurait écrit à Billy pour lui demander la création d'un compte monétisé sur les réseaux sociaux et que ce dernier aurait payé sans que le service ne lui soit rendu. Le prévenu aurait bloqué ce client sur WhatsApp face à ses messages incessants. 

Devant le juge, le tiktokeur Billy explique qu'ils sont des milliers d’internautes à lui écrire pour solliciter des services de création de compte monétisé. Il a déclaré qu'il n'a pas reçu d'argent de la part de ce  client avant de revenir sur sa déclaration après avoir lu le procès-verbal. Billy a précisé qu'il a déjà créé le compte de ce client.

La cour a également évoqué les comptes fictifs achetés par le tiktokeur. Le prévenu a expliqué qu'il a acheté des comptes lors de la procédure de certification de ses comptes notamment sur Facebook. Il a fait remarquer qu'il ne faisait rien avec ces comptes fictifs et que la cour peut remarquer qu'il n'a jamais envoyé de messages avec ces comptes. Le prévenu a souligné que dans le cadre de ses activités, il dispose de six (6) téléphones dont un iPhone 16 pro max et d'un Samsung S21. 

Son avocat, Me Hugo Koukpolou a communiqué à la Cour un ensemble de six pièces. Le juge a confirmé le mandat de dépôt du prévenu Billy et a renvoyé son dossier au jeudi 04 juin 2026 pour continuation, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.